Le ma’a Maupiti du samedi

L’île de Maupiti a une particularité : les seuls hébergements proposés sont en pension de famille, c’est à dire chez l’habitant. Certaines de ces pensions offrent des bungalows et un service un peu plus hôtelier que d’autres, mais cela reste simple et très authentique. Les pensions de l’île organisent, via Rose et Phirmin, un repas traditionnel tous les samedis, sur un motu situé près de la passe du lagon. C’est un ma’a Tahiti (repas traditionnel polynésien), mais comme nous sommes à Maupiti, nous l’avons appelé le ma’a Maupiti. Cinq pensions sont inscrites d’office, les autres (il y a 15 pensions en tout) amenant leurs clients au gré des envies de ces derniers. Cette semaine, 9 pensions sont annoncées pour le repas au motu. Nous partons donc de bonne heure, car il faut aller préparer cela pour que tout soit prêt à l’arrivée des convives.

Nous embarquons donc à 6h00 sur le pick-up de Phirmin, en direction du port.

Le soleil est à peine levé sur l’horizon.

Voici notre bateau, qui nous emmènera jusqu’au motu. Phirmin est à la barre.

Sur le trajet, Phirmin baisse les gaz et nous montre une tâche au dessous du bateau : il s’agit d’une raie manta, une petite selon lui… Elle évolue à quelques mètres de nous, et c’est vraiment magnifique à voir au travers de cette eau limpide.

Petit selfie à notre arrivée sur le motu, le soleil diffusait une lumière si parfaite qu’il eût été dommage de ne pas en profiter pour une belle photo de famille…

Rose est déjà au travail et débite des carrés de porcs avec les pieds dans l’eau. Je pense que c’est une place de travail qui doit rendre pas mal de bouchers envieux 🙂 !

Le four tahitien, dans lequel les plats seront cuisinés, est allumé depuis quelques minutes déjà. Il faut chauffer dans ce feu des pierres volcaniques qui emmagasinent de la chaleur.

Le principe du four tahitien est génial et simple : les pierres chaudes sont recouvertes de jeunes troncs de bananiers, gorgés d’eau. On place ensuite par dessus les aliments à cuire, qui sont disposés soigneusement dans des paniers en feuilles de cocotier (les paniers que nous avions tressés la veille avec Rose!). On recouvre ensuite le tout de plusieurs couches de feuilles de bananier, de couvertures puis de sable. Ainsi scellé, le four devient hermétique et les aliments à l’intérieur cuisent grâce à la vapeur dégagée par les troncs chauffés par les pierres. On peut donc laisser cuir les aliments de 2 à 15 heures sans risquer les sortir brûlés ou secs.

Cela nous laisse donc le temps de prendre un petit-déjeuner …

de préparer le lait de coco, obtenu en pressant la pulpe de coco râpée des noix qui poussent en abondance ici,

mais aussi de profiter de la plage du motu qui est vraiment incroyable !

On a fond sur une centaine de mètres, c’est du sable blanc, l’eau est chaude et sans courant, c’est vraiment parfait.

Il y a bien entendu les palmiers pour les photos 😉

et les branches sèches pour les clichés artistiques !

Des raies pastenague nagent sur la plage, à quelques mètres de nous seulement.

Les enfants s’affairent autour des autres clients de notre pension, Angélique et Jean, qui leur montrent des photos de leurs grands tours à vélo au travers de l’Amérique du Sud.

Pendant qu’à la table des maigrichons, on déguste une bonne Hinano, attention à ne pas se déshydrater !

L’apéro se passe dans l’eau, au lieu de trouver une table, on s’assied en rond et on sirote sa bière ainsi installés, alors que les enfants jouent. C’est totalement irréel pour nous bons Valaisans de boire l’apéro comme ça , mais c’est super chouette et on adore!

Vient ensuite le temps d’ouvrir le four : on retire successivement les couches de couvertures,

puis de feuilles de bananiers,

avant de retirer les aliments. Attention, c’est chaud !

Le four, une fois vide.

Phirmin nous explique ensuite ce qu’on va y trouver : uru, banane plantin, porc, poulet, … C’est un véritable festin.

Une fois le repas englouti, Phirmin nous fait faire une danse “tahitienne” ! Etienne, Mathilde et Jean, un autre client de la pension, se joignent au groupe et ondulent du bassin au rythme de la musique, c’est hilarant !

La danse se termine dans l’eau par des grosses giclades, c’était vraiment rigolo ! Il y a eu la même danse pour les dames mais malheureusement les messieurs, trop occupés à boire une bière dans l’eau, n’ont pas pris de photo. Chanceuses…

On nous apprend comment débourrer et casser une noix de coco sans autre outil qu’une branche. Une fois qu’on a compris la combine c’est assez facile.

Puis les pensions s’affrontent dans un jeu de lancer de noix de coco. Le principe est simple, il suffit de lancer une noix de coco dans un trou creusé plus loin dans le sable. Facile à dire, moins à faire !

Les enfants, eux, ont le droit de lancer depuis moins loin.

Après cette partie ludique, tout le monde retourne jouer et se rafraîchir dans l’eau :

Mathilde collectionne les yeux de Sainte-Lucie, ces coquillages si particuliers: ce sont des demi-sphères pleines, qui servent d’opercules à d’autres coquillages. Ils sont tout blancs avec une tâche plus foncée au centre, ce qui les fait ressembler à un oeil. Mathilde les trouve très jolis et en ramasse plein.

Les organisateurs, avec leur couronne, Rose et Phirmin: bravo à eux pour tout le boulot qu’ils ont fait! Le repas, l’organisation, l’animation, et tout le rangement! Un sacré job!

Nous quittons les lieux à la tombée de la nuit, en bateau. Phirmin deviendra définitivement l’idole des enfants en effectuant des slaloms et des tours avec le bateau sur le chemin de retour. Nous avons passé une journée magnifique, nous avons rencontré plein de gens, et surtout nous avons découvert un endroit magique et magnifique ! C’était vraiment merveilleux.

13 Comments

Leave a Reply