Les incroyables églises de Chamula et de Zinacantan

By 11 juillet 2017Mexique

A moins de 30 minutes de route de San Cristobal se trouvent deux villages, San Juan Chamula et San Lorenzo Zinacantan, connus pour abriter une population principalement maya et réputés pour ses églises, ses marchés et les tenues traditionnelles de ses habitants. Nous avons aussi compris que Chamula avait ses propres lois, sa propre police, et ne dépendait pas vraiment du gouvernement mexicain, bénéficiant d’une certaine autonomie !

Nous commençons la visite par San Juan Chamula. Nous avons entendu que dans son église se mêlaient christianisme et rites précolombiens. Nous trouvons la ville et son église. Elle se tient au milieu d’une grande place sur laquelle se baladent pas mal de monde en ce milieu de matinée dominicale. De nombreux drapeaux, partant du faîte de l’église, s’étirent jusqu’à divers points de la place.

C’est surtout les côtés de la cour de l’église qui sont occupés par des groupes assis, en train de manger ou de jouer de la musique.

On remarque que les costumes traditionnels sont ici une fierté et ceux-ci semblent très standardisés : pantalon blanc et sorte de grosse tunique de fourrure noire ou blanche, le tout surplombé par un chapeau pour les hommes, et grosse jupe de cette même fourrure noire maintenue par une très large ceinture tissée, chemisier rose ou violet, et un châle tissé sur les épaules. C’est finalement un doux mélange entre les Tschägättä du Haut-Valais, que l’on voit défiler avec leurs cloches à carnaval (les masques en moins), et les dames en costume saviésan… Le tout en plus sérieux !

Si la place semble animée mais très conventionnelle, l’intérieur de l’église va nous étonner au plus haut point. Les photos de l’intérieur de l’église sont interdites, je publierai ici quelques photos trouvées sur divers autres sites web pour présenter ce que nous avons pu observer.

Lorsque l’on pénètre dans l’église, on remarque tout de suite les grandes voilures qui partent du plafond, impressionnantes. On ne voit pas de bancs comme dans toutes les églises traditionnelles. On sent aussi l’odeur de pin, de la cire fondue et de l’encens qui flottent dans l’air. Le sol est en effet tapissé d’aiguilles de pin, disséminées partout dans l’église.

Au beau milieu de ces aiguilles, en plein centre de l’église, ou sur les côtés, en face des saints disposés le long des deux murs de l’église, des milliers de petits cierges sont collés à même le sol et brûlent en laissant danser leur flamme.

Devant chaque groupe de bougies, une personne ou une famille, est agenouillée ou assise à même le sol pour prier. Chaque groupe de prieurs a emporté des sodas (très importants pour pourvoir boire et roter le plus bruyamment possible pour laisser sortir le mal) et de l’alcool. Certains groupes ont aussi des poulets vivants avec eux qu’ils soulèvent au-dessus des bougies en priant. Ces poulets seront plus tard sacrifiés. Lorsque toutes les bougies ont fondu, la personne ou la famille s’en va.

C’est à se demander comment tout ce monde peut cohabiter à l’intérieur de cette église, les fidèles, les touristes, les poulets, et ces aiguilles de pin posées à quelques centimètres des bougies.

Nous quittons l’église après un petit quart-d’heure de visite, les yeux tout écarquillés  du spectacle incroyable auquel nous venons d’assister. Nous étions à l’intérieur d’une église, mais tous les rites qu’on y a vus nous étaient étrangers; ça fait très bizarre.

Nous filons au marché qui se tient juste à côté de l’église en ce dimanche et nous testons les maïs grillés locaux… assaisonnés au piment, mais ça on le découvrira bien malgré nous quand on commencera à manger nos épis !

Nous profitons des scènes de vie que nous offre le marché.

Le petit stand qui vend des empanadas de quesillo (un petit tortilla plié en deux pour former une sorte de gros ravioli, farci au fromage, puis cuit dans une huile chaude) nous fait de l’œil, c’est chez lui que nous achèterons notre repas de midi :

La dextérité du marchand est incroyable et en quelques secondes notre commande est préparée, cuite et prête sur des petites assiettes.

En quittant le village, nous passons devant le cimetière et nous remarquons que de nombreuses familles sont installées autour des tombes pour y partager un pique-nique ! Décidément, ce village nous surprendra jusqu’au bout pour ses pratiques religieuses.

Nous roulons 10 km pour arriver au village voisin de Zinacantan. Là aussi, un joli marché se tient sur la place à l’entrée de la ville. De nombreuses familles viennent des villages de montagne environnants pour vendre mais aussi acheter des choses.

Les costumes sont ici un peu différents de ceux portés dans le village de Chamula : les femmes ont des jupes mauves et leurs tissus sont principalement ornés de fleurs. C’est très beau, et cela inspire un très grand respect quand on sait que chacun de ces tissus est fait à la main d’une manière totalement artisanale.

Les enfants posent pour que l’on puisse, discrètement, photographier les femmes en arrière-plan (ah, on devient futés avec le temps, non ???), car les gens de ces villages n’apprécient guère les photos.

Le marché regorge de tissus mais aussi de nombreuses pelotes de laine, c’est plein de couleurs et ça fait joli!

 

On aime aussi beaucoup le taxi collectif du coin, utilisé par les locaux pour se déplacer : un simple pick-up à l’arrière duquel on entasse dans une grosse nacelle tous les voyageurs, debout. Et s’il pleut, on bâche le tout, avec les gens dedans… Aucun risque d’accident, il y a des messages religieux à l’avant de la nacelle ! Vaia con Dios !

 

 

Nous visiterons aussi l’église du village, moins impressionnante que celle de Chamula, mais dans laquelle semblent se mêler aussi rites mayas et christianisme. Ici aussi, les photos sont interdites. On y retrouve les mêmes éléments que dans l’église de Chamula: pas de bancs, des aiguilles de pin et des bougies partout, mais l’église est bien moins fréquentée. En sortant, les enfants remarquent dans un coin de la grande place de l’église une série d’appareils de fitness sur lesquels ils filent faire un peu d’exercice.

 

Ces visites, et en particulier celle de San Juan Chamula, ont été vraiment incroyables tant il est improbable de voir ce à quoi on a eu la chance d’assister en visitant l’église. Nous avons adoré voir que cela existe encore, officiellement, dans certains villages. En bonne place dans le Top de nos visites!

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